Le motorisé
Dans le but d’établir un contact significatif et d’instaurer des liens de confiance, les intervenants à bord du motorisé accueillent les jeunes en difficulté dans une dizaine de quartiers. Les deux intervenants généralement accompagnés d’un ou d’une stagiaire (de niveau collégial ou universitaire) offrent leur soutien et une écoute active aux jeunes, les guident et les éduquent sur différents sujets leur permettant de faire des choix éclairés en particulier sur leur santé. Ils peuvent de plus, les référer ou accompagner ceux qui le désirent vers des ressources qui existent dans leur quartier, selon le besoin. Dans une visée de réduction des méfaits, le motorisé offre aussi des services de prévention (échange et distribution de condoms, de seringues et de matériel stérile), du dépistage, de la vaccination (hépatite A ou B, grippe) et des soins offerts régulièrement par une infirmière.
Tout ceci grâce à la collaboration de Médecins du Monde et des CSSS qui mettent à notre disposition une infirmière quelques soirs pas semaine. D’autre part, nous bénéficions également de celle du CSSS des Faubourgs par le truchement de son service consacré aux jeunes et en particulier pour le dépistage dentaire. Ainsi régulièrement, un résident en médecine dentaire vient passer une soirée dans le motorisé pour rencontrer les jeunes, les sensibiliser à la nécessité de prendre soin de leurs dents et les informer des services qui leurs sont offerts au CSSS des Faubourgs. Le motorisé effectue presque toutes les semaines une vingtaine d’arrêts, et parcourt plus de 7 500 km annuellement.
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«Basé sur un processus d’intégration progressive dans le milieu, le travail de rue permet de se rapprocher des personnes vivant en marge des normes sociales, soit parce qu’elles les rejettent, soit parce qu’elles en sont exclues. Fondant son approche sur une présence intensive dans les espaces de vie des populations rejointes, le travail de rue mise autant sur la relation d’être que la relation d’aide pour créer des liens de confiance et accompagner les personnes à travers leur trajectoire. Par une approche humaniste, globale et généraliste fondée sur l’écoute, l’accompagnement personnalisé et la polyvalence d’action, le travail de rue apporte aux personnes rejointes diverses formes de soutien pour trouver avec elles des réponses à leurs besoins et aspirations.»
Source : L’accompagnement professionnel : une pratique essentielle
Guide de supervision en travail de rue et de proximité réalisé par Médecins du Monde
Nos travailleurs de rue sillonnent les quartiers St‑Michel, Notre-Dame-de-Grâce, Centre-Sud, le Village et le Centre-ville. La particularité du travail de rue est de rejoindre les jeunes exclus et vulnérables là où ils se trouvent, de servir de lien entre les jeunes et le motorisé, et de permettre des rapprochements avec les organismes et les ressources de ces quartiers. La rue et les milieux de vie des jeunes ont leurs propres règles, leur fonctionnement spécifique et ils sont soumis à des valeurs qui leur sont particulières. Les interventions des travailleurs de rue doivent coller à cette réalité; une grande souplesse leur est donc est nécessaire. Selon la complexité des problématiques vécues, les travailleurs de rue auront à jouer différents rôles : accompagnement, médiation, prévention, éducation et référence de façon personnalisée vers une ressource appropriée, le cas échéant.
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Les lieux où les travailleurs de rue ou les intervenants psychosociaux se retrouvent le plus souvent en présence de jeunes à risque et/ou membres d’un gang de rue sont les parcs, les maisons de jeunes et autour des écoles. Il arrive que les travailleurs de rue soient présents lorsque les jeunes commettent des actes déviants. L’intimidation, les batailles et le recrutement de jeunes filles à des fins de prostitution sont les comportements déviants des jeunes à risque et parfois même de membres d’un gang de rue dont les travailleurs de rue sont le plus souvent témoins
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Implantation de la clientèle
L’itinéraire du motorisé inclut environ une vingtaine
d’arrêts différents dont on peut décrire certains |
Les jeunes de Pointe-St-Charles
Ce quartier est aujourd’hui économiquement, l’un des plus pauvres de Montréal avec la majorité des ménages qui vivent sous le seuil de la pauvreté. Les jeunes de ce quartier sont majoritairement francophones, mais d’origine irlandaise. Il y a aussi plusieurs haïtiens (5% de la population) et de plus en plus de jeunes d’origine asiatique. Le taux de chômage est de plus de 20% et près de 30% des femmes vivent seules. Plus de la moitié des familles de cette région de Montréal sont monoparentales.Étant donné cette pauvreté, plusieurs jeunes sont attirés par la criminalité. En plus de faire affaire avec de la petite criminalité dans le quartier même, il y a aussi beaucoup de recrutement fait par les gangs de rue de Montréal.
Les jeunes de Notre-Dame de Grâce
Premier fait important sur la population de ce quartier : 42% est composée d’immigrants et elle est majoritairement anglophone. D’autre part, 37% de ses habitants font partie d’une minorité visible. Il y a une bonne proportion d’Italiens (10 %) et de Jamaïcains, Africains et Haïtiens (9%). Même si des indicateurs comme le taux de chômage (21%) ou la forte proportion de familles monoparentales, ont des pourcentages moins élevés que dans plusieurs autres quartiers de Montréal, il est clair qu’il y a plusieurs poches de pauvreté. Les problèmes de ce quartier sont le plus souvent liés à la pauvreté et à l’exclusion des nouveaux arrivants. Plusieurs organismes ont ciblé les questions préoccupantes comme la sécurité et la criminalité, la faim, la pauvreté et les problèmes de logement.Plusieurs jeunes de ce quartier issus de la pauvreté ont des activités criminelles comme la vente et la consommation de stupéfiants, la prostitution et autres délits mineurs souvent reliés aux gangs de rue.
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Les jeunes marginaux du Centre-Ville
Les jeunes qui fréquentent le Carré Viger et le Carré Berri ainsi que la rue Ontario appartiennent à la catégorie des jeunes de rue ou des sans-abri et ont souvent en commun des expériences d’abus dans leur milieu d’origine et des expériences de déracinement d’un milieu à l’autre, d’une famille à l’autre. Une grande proportion d’entre eux consomment alcool et drogues de façon abusive depuis plusieurs années et se livrent souvent à des activités de prostitution ou de trafic pour assurer leur subsistance. C’est une clientèle où les problèmes de santé mentale sont fréquents et les problèmes de santé physique tout autant. S’ajoutent à ces problématiques celles des guerres liées au territoire et les comportements violents liés à la consommation. Les problèmes rencontrés par ces jeunes sont souvent reliés au trafic et à la possession de drogue, consommation d’alcool dans des lieux interdits, vol et recel, squattage, prostitution, violence, taxage et perturbation de la paix publique.
Les jeunes du quartier Parc-Extension
Milieu pauvre et multiethnique favorable au recrutement des jeunes dans les gangs de rues qui ont des activités à caractère criminel comme : l’intimidation, le vol et le recèle, le proxénétisme, la prostitution, la violence. C’est un quartier comptant une importante proportion de familles immigrantes ou ayant vécues des déracinements, qui peuvent être «fragilisées» et dont l’intégration à la société d’accueil est souvent incomplète. On y retrouve une forte population haïtienne, latino-américaine, arabe, asiatique, surtout pakistanaise.S’ajoute à ces facteurs le manque de ressources financières, plusieurs familles vivant souvent sous le seuil de la pauvreté. Le peu de maîtrise des langues officielles et le faible niveau de scolarité sont deux autres facteurs négatifs qui touchent souvent les adultes et les jeunes de ces quartiers qui démarrent donc dans la vie avec un désavantage certain.
Les jeunes du quartier Saint–Michel
Cohabitation de familles immigrées (40,3% de la population du quartier) en provenance d’un grand nombre de pays avec des problématiques d’intégration différentes. Il s’agit d’un des secteurs les plus pauvres de Montréal (40% des familles et le 2/3 des familles monoparentales sont sous le seuil de bas revenu). La prolifération des gangs de rue aux multiples activités criminelles dans ce milieu est un facteur de risque supplémentaire. Nous observons que plusieurs gangs du quartier St-Michel font du recrutement dans d’autres quartiers. La prolifération des gangs de rue dans ce milieu est un facteur de risque supplémentaire dans ce quartier. Les jeunes y sont souvent invités à une valorisation collective en participant à des activités criminelles de gangs. Ils reçoivent une reconnaissance des pairs pour les activités négatives et obtiennent ainsi le pouvoir qui y est associé. Plus de la moitié des enfants de moins de 18 ans vivent sous le seuil de bas revenu et le tiers des 15-24 ans ne va plus à l’école
Les jeunes du quartier Côte-des-Neiges
Composée à près de 45% d’immigrés, la population de ce quartier est un merveilleux patchwork de cultures issues de presque tous les continents : Inde, Sri Lanka ou Pakistan, Syrie, Irak, Israël, Égypte, Maroc, Algérie, Tunisie, sans compter une douzaine de pays africains. 41,5% des habitants de ce quartier vivent sous le seuil de bas revenu. Le taux de chômage est de 13,7% (moins de 10% pour l’ensemble de la ville de Montréal).

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Les jeunes à Montréal
Dans les dernières années, tout comme d’autres organismes, nous avons constaté une certaine mouvance des jeunes de la rue et une diminution des contacts, principalement au Centre-ville. Une des hypothèses émises par divers organismes est que la forte répression policière à l’œuvre dans certains quartiers soit responsable en grande partie du déplacement des jeunes; en effet, ceux-ci semblent migrer vers les quartiers périphériques.
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Les lieux où les travailleurs de rue ou les intervenants psychosociaux se retrouvent le plus souvent en présence de jeunes à risque et/ou membres d’un gang de rue sont les parcs, les maisons de jeunes et autour des écoles. Il arrive que les travailleurs de rue soient présents lorsque les jeunes commettent des actes déviants. L’intimidation, les batailles et le recrutement de jeunes filles à des fins de prostitution sont les comportements déviants des jeunes à risque et parfois même de membres d’un gang de rue dont les travailleurs de rue sont le plus souvent témoins |
L’Anonyme adopte une approche reconnue :
La réduction des méfaits
«La réduction des méfaits peut être définie comme un ensemble de stratégies concrètes qui consistent à rejoindre les individus là où ils se trouvent pour les aider à réduire les conséquences néfastes liées au fait de s’adonner à un comportement à risque».
Source : Harm Reduction Coalition – États-Unis 2000
Principes élémentaires de la réduction des méfaits :
La philosophie de la réduction des méfaits considère les comportements à risque comme une réalité naturelle de notre monde et elle suggère que notre travail vise à réduire leurs effets néfastes plutôt que de se concentrer sur le but de faire cesser ces comportements.La philosophie de la réduction des méfaits nécessite que les individus auxquels s’adressent les programmes et les services participent à la création de ces programmes. Elle reconnaît que la pauvreté, les préjugés de classe socio-économiques, le racisme, l’homophobie, l’isolement social, les traumatismes vécus et d’autres iniquités sociales ont une influence sur la vulnérabilité des gens ainsi que sur leur capacité à s’occuper adéquatement des comportements à risque.
Source : Société canadienne du Sida http://www.cdnaids.ca/
Pierre Brisson nous en propose deux définitions :
- 1. Définition «minimale»: une approche centrée sur la diminution des conséquences néfastes de l'usage des drogues plutôt que sur l'élimination de l'usage.
- Définition «maximale»: une démarche de santé collective visant, plutôt que l'élimination de l'usage des psychotropes (ou d'autres comportements à risque ou «addictifs»), à ce que les principaux intéressés puissent développer des moyens de réduire les conséquences négatives liées à leurs comportements et aux effets pervers des contrôles sur ces comportements, pour eux-mêmes, leur entourage et la société, aux plans sanitaire, économique et social.
Source : BRISSON, Pierre (1997). L'approche de réduction des méfaits: sources, situation pratiques. RÉSUMÉ. Montréal: Comité permanent de lutte à la toxicomanie.
http://www.toxico.info/documentation/page2.html
Âge et genre
Nous dirigeons principalement nos efforts vers les jeunes âgés de 14 à 30 ans. Toutefois, dans l’optique de la réduction des méfaits associés à l’injection de drogues, nous répondons à certains besoins d’une clientèle parfois plus âgée que celle qu’englobe notre mission. Parmi la jeune clientèle que nous rejoignons, plusieurs vivent des problématiques diverses. Ces jeunes connaissent rarement les organismes qui peuvent répondre à leurs besoins. Ils ont parfois besoin d’accompagnement pour cheminer à travers les réseaux de santé et des services sociaux. Variant, comme on vient de le voir, selon les différents quartiers que nous couvrons, ces jeunes proviennent des quatre coins du Québec autant que des quatre coins du monde. Ce qui reste constant cependant, c’est leur souffrance, leur inadaptation à cette société qui connaît des changements et surtout des vitesses de changement qui peuvent être inaccessibles à ces jeunes en difficulté. Les problématiques les plus communes à la clientèle du motorisé ainsi qu’à celle du travail de rue sont :
- Besoins de base (nourriture et logement) : 29%
- Toxicomanie : 22%
- Isolement/réseau social : 18%
- Santé physique et mentale : 11%
L’orientation des jeunes en difficulté vers les ressources de leur environnement est à nos yeux un acte essentiel. L’accompagnement est moins fréquent; il ne s’effectue que si l’individu est prêt pour un changement et qu’il a besoin d’une aide pour pouvoir entamer ses démarches. Notons qu’un individu peut nécessiter plus d’une référence et qu’à l’inverse, un individu peut visiter le motorisé sans vouloir être référé.C’est vers les ressources en santé que nous orientons le plus souvent notre clientèle. Il est évident que le mode de vie de rue et la consommation abusive de drogues qui souvent en découle, rendent ces jeunes vulnérables sur le plan de la santé physique autant que morale. Les besoins de base en alimentation et en hébergement demeurent essentiels et occupent une part importante de nos interventions. Parmi les autres ressources vers lesquelles nous guidons les jeunes, citons les références vers les études, le travail et l’obtention de papiers officiels. On dénote chaque année une grande prépondérance des références et accompagnements concernant les besoins de base des jeunes, en logement et en nourriture. Parmi les plus de 30 ans, les usagers de drogues injectables sont les seuls à avoir accès aux services offerts à bord du motorisé, par exemple pour l’échange de seringues. Cette stratégie vise à favoriser notre clientèle cible, pour qui sont disponibles les services de soutien, de références, d’accompagnement et de prévention. Toutefois, les personnes de 30 ans et plus, sont référées aux ressources appropriées selon leurs besoins.
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