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Depuis de nombreuses années la direction de l’Anonyme a mis l’accent sur la nécessité de développer une collaboration avec des chercheurs de différentes universités et institutions pour mettre en commun leurs travaux avec l’expérience quotidienne des intervenants et travailleurs de rue de l’Anonyme, chacun s’enrichissant de la vision, des connaissances, de l’expertise et des perspectives de l’autre. Leur regard accroît nos outils d’intervention et le travail quotidien de notre équipe les nourrit pour bâtir leur réflexion, leurs études et leurs analyses.


La judiciarisation des populations itinérantes à Montréal, Phase 2

SURVUDI



L’expérience carcérale et l’identité personnelle des jeunes de la rue à Montréal 

Projet NAOMI

Campagne de prévention du passage à l’injection des drogues chez les jeunes de la rue.

Prostitution de rue – Intervention en situation de crise

OPICAN
L'hépatite C et les facteurs psychosociaux associés au passage à l'injection chez les jeunes de la rue

Dispositif de concertation et de négociation de groupe à groupe auprès des jeunes de la rue à Montréal

Étude sur les jeunes de la rue : surveillance et épidémiologie sur les  ITSS et l’hépatite C


La judiciarisation des populations itinérantes à Montréal, Phase 2

Chercheure : Dr. Céline Bellot
Professeure à l’École de service social – Université de Montréal
Chercheure au Centre International de Criminologie Comparée (CICC) et au Collectif de Recherche sur l’Itinérance (CRI).
Recherche pour le Secrétariat National des Sans-abri
En partenariat avec le RAPSIM (Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal) et l’Anonyme. 2005 à 2007



Durant cette recherche sur la judiciarisation, menée entre 2005 et 2007, une agente de recherche a été présente à bord du motorisé pour mener ses entrevues auprès de notre clientèle. Ces travaux ont porté sur les trajectoires des jeunes de la rue, des utilisateurs de drogues injectables et des jeunes en difficulté et sur les enjeux entourant la judiciarisation de ces populations vulnérables.

Cette étude a montré un énorme accroissement de la répression envers les itinérants depuis dix ans. Le nombre de contraventions établies par les policiers et les agents de sécurité du métro a quadruplé de 1994 à 2004, et près des trois quarts des dossiers se soldent par un séjour en prison. Et il a continué de fortement augmenté depuis. Il s'agit principalement d'infractions pour avoir consommé des boissons alcoolisées sur le domaine public, pour avoir été trouvé à flâner ivre sur la place publique, pour flânage dans une station de métro, dans un parc  ou sur la voie publique... Il apparaît aussi que les 22000 dossiers étudiés représentent environ les deux tiers des contraventions remises au titre des règlements municipaux, auxquelles il faudrait ajouter celles établies en vertu du Code criminel et du Code de la sécurité routière. Seulement une centaine des 22 585 étudiées ont été payées. Parmi les dossiers fermés (le tiers des dossiers étudiés), 72 % se sont terminés par une peine d'emprisonnement et 15 % par des travaux communautaires.

L’étude sur la judiciarisation des populations itinérantes à Montréal est maintenant disponible à :
http://www.cicc.umontreal.ca/recherche/chercheurs_reguliers/celine_bellot/rapport_itinerance.pdf
Pour Céline Bellot :
http://www.cicc.umontreal.ca/recherche/chercheurs_reguliers/celine_bellot/celine_bellot.html
Un article est paru à ce propos dans le journal Le Devoir :
http://www.ledevoir.com/2005/05/04/80978.html

Notons à propos de la judiciarisation des itinérants que depuis 2003, le RAPSIM (Réseau d’aide aux personnes itinérantes de Montréal) a mis en place l’Opération Droits Devant avec sa Clinique communautaire d’accompagnement juridique. Cette Clinique mobile vise à aider les personnes itinérantes aux prises avec des difficultés juridiques et à faire valoir leurs droits par de l’information, de l’aide à la rédaction de plaintes et des accompagnements. Elle a aussi pour mission d’outiller les intervenants par le biais de formations, surtout quant à la procédure pénale.
http://www.rapsim.org/site/index.ntd



SURVUDI
Chercheurs : Pascale Leclerc, M. Sc. – Claude Tremblay, M. Sc. – Dr. Carole Morissette
Agence de la santé et des services sociaux de Montréal
Étude dirigée par l’Hôpital Général de Montréal.
2003 à 2006

Pour cette recherche épidémiologique auprès des injecteurs, une agente de recherche a été présente à bord du motorisé pour mener ses entrevues de recherche. Le réseau SurvUDI a été implanté en 1995 au Québec. Ce réseau s’intéresse à la surveillance des infections au VIH et au virus de l’hépatite C (VHC) parmi les utilisateurs de drogue par injection. Le recrutement se fait dans plusieurs environnements différents. La plupart des participants sont rencontrés dans des programmes qui donnent accès à du matériel d’injection stérile.L’étude parvient à la conclusion que le matériel d’injection présentement distribué aux UDI (utilisateurs de drogues injectables) de Montréal représenterait moins de 10% de leurs besoins estimés. Les programmes de distribution de matériel d’injection n’ont donc pas été implantés de façon complète et certaines stratégies reconnues ailleurs comme efficaces n’ont pas été instaurées ici. Il serait donc nécessaire d’accroître les budgets affectés à cet effet. Il est également recommandé de former les intervenants à de meilleures pratiques et d’accroître le rôle des pairs dans leur milieu.La diversification des stratégies entraînerait un besoin de financement accru de la part des programmes et l’étude conclue aussi qu’il faudrait mieux connaître et mieux comprendre les besoins des UDI quant à la distribution du matériel de prévention.Pour ce programme de prévention chez les usagers de drogues par injection à Montréal auquel l’Anonyme a participé, voici des informations ainsi que la publication du rapport parue en mai 2007:http://www.santepub-mtl.qc.ca/Publication/pdfudi/monitorage.pdf
http://www.santepub-mtl.qc.ca/Publication/pdfmi/materielinjection.pdf
http://www.acfas.ca/congres/congres65/GROUPE_SURVUDI,.HTM




L’expérience carcérale et l’identité personnelle des jeunes de la rue à Montréal 

Chercheure : Annie Larouche
Directeur de recherche : Michel Parazelli, professeur
École de travail social UQAM
2006-2007

Pour cette recherche auprès des jeunes de la rue, une agente de recherche a été présente à bord du motorisé de l’Anonyme pour mener ses entrevues auprès de notre clientèle.
Voici le résumé de son projet de recherche :

«La revitalisation urbaine du centre-ville de Montréal et la lutte aux incivilités nous fournissent, depuis une dizaine d’années, plusieurs manifestations du conflit social qui oppose les populations marginalisées à plusieurs acteurs de la gouvernance urbaine. Face aux problèmes sociaux et aux plus démunis de notre société se dessine une intervention répressive qui contribue à la judiciarisation des personnes marginalisées puis à leur incarcération. Il s’agissait donc de définir les effets de l’incarcération sur la construction identitaire des jeunes de la rue, à partir des transformations identitaires qui surviennent à la suite de l’expérience carcérale.

L’étude considère le passage en prison comme une expérience carcérale, c’est-à-dire une expérience extrême, triple : une prise en charge institutionnelle enveloppant,  une remise en cause identitaire et une atteinte à la dignité.
Ces études nous permettent d’émettre l’hypothèse que l’expérience carcérale a des effets sur la construction identitaire du jeune de la rue qui sera amené à se repositionner sur le plan identitaire afin de concilier de manière plus satisfaisante ses besoins de reconnaissance sociale et d’accomplissement personnel et de parvenir le plus possible à une consonance existentielle. En cela, nous pensons que, bien que la prison puisse s’avérer une expérience traumatisante qui marque l’identité de l’individu, celui-ci conserve une certaine marge de manœuvre dans la négociation de son identité. Cela dit, selon la façon dont l’identité est reconstruite, le parcours de l’individu en sera affecté différemment.
Les questionnements qui sous-tendent ce projet de recherche sont essentiels dans le contexte de gouvernance urbaine actuel qui contribue à accentuer la précarité et les parcours d’exclusion des personnes marginalisées. Les actions posées en termes d’intervention répressive à l’égard des jeunes de la rue peuvent être déterminantes pour leur trajectoire sociale. En effet, l’identité personnelle étant ce qui trace les contours de notre parcours individuel, il importe alors de se questionner sur l’impact de telles mesures de contrôle et de pénalité sur la construction identitaire de ces jeunes.»
http://www.professeurs.uqam.ca/pages/parazelli.michel.htm




Projet NAOMI (North American Opiate Medication Initiative)
Chercheurs  sous  la direction du Dr Martin Schechter, du Centre for Health Evaluation and Outcome Sciences de l'Université de Colombie-Britannique.
À Montréal, les Drs Suzanne Brissette et Pierre Lauzon du CHUM et M. Serge Brochu, Ph. D., chercheur au Centre de criminologie comparée de l'Université de Montréal
2005-2007

Ce programme réalisé par le CRAN (Centre de recherche et d’aide pour narcomanes), le CHUM (Centre hospitalier universitaire de Montréal)  et l’IRSC (Institut de recherche en santé du Canada) s’adresse aux consommateurs d’héroïne et l’Anonyme y réfère des usagers. Un travailleur de milieu est venu parler du programme à bord du motorisé et faire du recrutement. Ce projet est le  premier essai clinique nord-américain portant sur la prescription d'héroïne à des héroïnomanes qui ne répondent pas aux formes de traitement conventionnelles. L’étude s’est déroulée dans trois villes canadiennes, Montréal, Toronto et Vancouver auprès de 470 personnes.

http://www.cihr-irsc.gc.ca/f/28330.html
http://www.cihr-irsc.gc.ca/f/29084.html
http://www.naomistudy.ca/pdfs/montreal.pdf

Cyberpresse a publié le 11 juillet 2007 un article sur la fin annoncée du projet NAOMI. En effet malgré les excellents résultats obtenus depuis 2005 sur une soixantaine de patients, le ministère de la Santé à Québec n’a pas répondu à la demande de fonds qui permettraient de poursuivre la distribution d’héroïne ou de méthadone jusqu’à la publication du rapport. Du côté d’Ottawa, le ministre fédéral de la Santé, Tony Clement n’a pas encore décidé si le projet doit continuer. Les médecins et les chercheurs sont inquiets car leurs patients ont toutes les chances de retomber dans leur ancien style de vie avec pour seule obsession, trouver leur dose à n’importe quel prix, par la criminalité ou la prostitution avec toujours le risque de mettre leur vie en péril. Selon le Dr Lauzon le grand danger c’est de perdre définitivement le contact avec ces patients et surtout de voir disparaître le bénéfice des progrès concrets sur leur désintoxication progressive réalisés avec eux durant l’étude.
 
http://www.cyberpresse.ca/article/20070711/CPACTUALITES/707110491



Campagne de prévention du passage à l’injection des drogues chez les jeunes de la rue.

Chercheurs : Élise Roy, Natalia Gutiérrez, Nancy Haley, Dr. Carole Morissette, Louis Rousseau, Véronique Denis
Direction de santé publique de Montréal-Centre
2006-2007

L’Anonyme a participé depuis 2006 au comité de travail et au comité Intervention ainsi qu’à la campagne promotionnelle et à la diffusion de l’information et des outils auprès de la clientèle cible. Ainsi des affiches très explicites sont visibles dans notre motorisé et ne manquent pas de provoquer la discussion entre les jeunes qui y montent et les intervenants qui peuvent alors travailler plus en profondeur leur intervention sur les problèmes liés à l’injection que par le simple échange de seringues ou la distribution de matériel de prévention. Du matériel promotionnel leur est aussi offert comme des briquets ou des cartes d’appel de 10 minutes, illustrés de l’une des images choc de la campagne. La campagne de prévention est destinée aux jeunes de la rue non utilisateurs de drogues par injection (non UDI) qui sont à haut risque de s'initier à ce mode de consommation. Le projet comprenait quatre phases : 1) la recherche, 2) l’élaboration du plan de communication, 3) la production et la diffusion des affiches et du matériel de promotion et 4) l’évaluation. Le rapport publié en avril 2007  rend compte des résultats de la phase 1, laquelle a pris la forme de groupes de discussion avec 37 jeunes de la rue non UDI et UDI (mineurs et majeurs). Bien que la tenue des groupes de discussion ait fait ressortir une désapprobation générale vis-à-vis de l'injection de drogues, il semble que plusieurs éléments puissent favoriser l'initiation : recherche de nouveauté et d'intensité, dépendance aux drogues, influence des pairs, milieu de vie et facteurs d'ordre psychologique. Mais les analyses des groupes de discussion ont montré que de parler des conséquences néfastes de l'injection et idéalement les montrer, pourrait s'avérer une stratégie préventive prometteuse.
http://www.santepub-mtl.qc.ca/Publication/mts/passageinjection1.html





Prostitution de rue – Intervention en situation de crise
Chercheurs : Marie-Marthe Cousineau du CICC, responsable
Andrée Courchesnes du CICC, agente de recherche
Centre international de criminologie comparée (CICC)
2003 - 2006

L’objectif de cette étude était d’analyser la problématique de la prostitution de rue et des différentes situations qui y sont liées : toxicomanie, problèmes de santé mentale ou physique et diverses dépendances. Ces problèmes constituent des facteurs de risque pour la santé des travailleurs et des travailleuses du sexe ainsi que pour celle de la population, de manière générale. L’Anonyme s’est largement impliqué dans cette recherche en vue de mettre sur pieds le projet Anonyme la nuit pour améliorer la qualité de vie des personnes concernées par la prostitution de rue adulte présente dans les quartiers Ste-Marie/St-Jacques de la Ville de Montréal en concertation avec plusieurs partenaires : des organismes, le service de police de la ville de Montréal, l’Agence de développement de réseaux locaux de santé et de services sociaux de Montréal, la Direction de la santé publique et le CICC.Le projet s’était donné cinq objectifs qui ont été atteint plus ou moins partiellement :
  1. Favoriser l’accès des travailleuses et des travailleurs du sexe adulte traversant une situation de crise à des soins de santé et à des services sociaux d’urgence.
  2. Prévenir les situations de crise.
  3. Réduire les méfaits liés à la toxicomanie, aux ITSS, à la violence et aux troubles du comportement.
  4. Atténuer les tensions entre les résidents, les commerçants et les prostitué(e)s de rue.
  5. Mieux connaître la réalité de la prostitution de rue, ses impacts, les besoins des personnes et la pertinence des services offerts.

Une retombée importante mais inattendue de ce projet a été la mise en place d’une nouvelle forme de collaboration fructueuse et durable entre les différents partenaires de ce projet.Le Centre international de criminologie comparée (CICC) fut fondé en 1969, à l'initiative du professeur émérite Denis Szabo. Né d'un accord entre la Société internationale de criminologie (SIC) et l'Université de Montréal, le CICC est le seul centre de recherche canadien en criminologie qui soit de langue française. Sa position médiatrice à l'intérieur d'un continent peuplé en majorité d'anglophones lui confère une vocation de relais et d'intégration à l'égard des recherches nord-américaines et européennes.
http://www.cicc.umontreal.ca/index.html
Pour Marie-Marthe Cousineau et ses publications :
http://www.cicc.umontreal.ca/recherche/chercheurs_reguliers/marie_marthe_cousineau/marie_marthe_cousineau.html



OPICAN 

Chercheur : Dr. Benedikt Fischer
Université de Victoria en Colombie Britannique - l’IRSC (Institut de recherche sur la santé du Canada) – Centre de recherche sur les toxicomanies de l’université de Victoria
2005 - 2006

C’est un projet de recherche sur les consommateurs d’opiacés, auquel l’Anonyme a référé des personnes en 2005-2006. L'étude OPICAN, menée dans sept villes canadiennes indique que l'abus des opioïdes d'ordonnance est plus répandu que l'usage de l'héroïne. Depuis un siècle, les extraits et les produits dérivés du pavot à opium, les opioïdes, sont couramment utilisés pour soulager la douleur dans les pays occidentaux. Les extraits en question comprennent l’héroïne, la morphine et l’opium.

Cette étude donne à penser que l'héroïne est devenue une forme de plus en plus marginale de toxicomanie chez les utilisateurs d'opioïdes illicites au Canada, surtout en dehors de Vancouver et de Montréal selon le Dr Fischer.

La consommation d'héroïne était très prévalente à Vancouver et à Montréal seulement. Dans les plus petites villes comme Edmonton, Québec ou Fredericton, il n'y en avait pas en réalité. Et dans toutes les villes de l'étude, la consommation d'héroïne a sensiblement diminué chez les participants entre 2001 et 2005. Le Dr Fischer souligne également que dans un grand nombre de cas, les opioïdes prescrits utilisés par les toxicomanes de la rue proviennent du système médical et n'ont pas été produits et distribués illégalement.

La présence secondaire et réduite de l'héroïne comparativement aux opioïdes d'ordonnance chez les utilisateurs illicites a des conséquences pour les programmes de lutte contre les drogues et de traitement des toxicomanes, qui sont principalement axés sur la consommation d'héroïne et la dépendance à cette drogue.

http://www.cihr-irsc.gc.ca/f/32723.html
http://www.catie.ca/nouvellescatie.nsf/e052321c5510850c8525641f00640e92/bc28ed5bd9772c608525723c00608c1a!OpenDocument
http://www.newswire.ca/fr/releases/archive/November2006/20/c6248.htm



L'hépatite C et les facteurs psychosociaux associés au passage à l'injection chez les jeunes de la rue
Cohorte des jeunes de la rue

Chercheure Élise Roy
Direction de santé publique de Montréal-Centre 2002 à 2004

Il s’agit du quatrième et dernier rapport d’étape de l’étude de cohorte sur l’hépatite C et les facteurs psychosociaux associés au passage à l’injection de drogues chez les jeunes de la rue. On y décrit les caractéristiques sociodémographiques des jeunes de la rue à leur entrée dans l’étude ainsi que leurs pratiques sexuelles, leurs histoires de grossesse, leur consommation de substances et leurs conduites suicidaires avant leur entrée dans l’étude. On y trouve également le taux d’incidence de l’injection de drogues, une description de la mortalité, ainsi que des données de prévalence et d’incidence du VIH et du virus de l’hépatite C. Des analyses plus poussées sur l’évolution de la situation résidentielle des jeunes en cours de suivi ainsi que sur le profil de risque VIH des garçons ayant eu des activités sexuelles de survie sont présentées. Enfin, les facteurs associés à la stabilité de l’intention d’éviter de commencer à s’injecter des drogues sur quatre entrevues, sont décrits.
Des agents de recherche sont venus recruter et reprendre contact avec les jeunes participant à l’étude à laquelle nous sommes associés depuis 2002 et nous y avons collaboré chaque année jusqu’en 2004.



Dispositif de concertation et de négociation de groupe à groupe auprès des jeunes de la rue à Montréal

Chercheure Annamaria Colombo
2001-2004
Chercheure Annie Larouche
2004-2006

Ce projet s’inspire des travaux de Gérard Mendel, le fondateur de la sociopsychanalyse qui vise à établir des liens entre le psychisme et le social. Ce Dispositif de concertation et de négociation visait à développer l’autonomie sociale des jeunes de la rue en les invitant à dialoguer librement, par écrit, avec d’autres groupes d’acteurs selon les règles démocratiques (règles du jeu égalitaires de la communication). L’obligation de réponse était l’une de ces règles. L’expérience invitait donc tous les groupes d’acteurs à adopter leur propre position en s’appropriant collectivement leurs actes sociaux et d’intervention. Parmi ces acteurs figuraient le Service de Police de Montréal, diverses institutions ayant un pouvoir décisionnel dans la gestion du milieu de la rue et plusieurs organismes intervenant auprès des jeunes de la rue dont l’Anonyme.

L’espace qui a été proposé aux jeunes par le Dispositif pour dialoguer avec les autres acteurs a été une occasion pour eux de s’impliquer directement dans l’amélioration de la cohabitation urbaine. Pour une fois, ce Dispositif leur a permis d’être placés à égalité avec les autres acteurs, au contraire de leur situation réelle dans la rue où le face à face mène généralement à l’affrontement. Les échanges ont donc permis de sensibiliser les participants à la réalité des uns et des autres, permettant ainsi une meilleure communication.




Étude sur les jeunes de la rue : surveillance et épidémiologie sur les  ITSS et l’hépatite C

Olayemi Agboola, chercheuse principale pour la SAJR (Surveillance Accrue des Jeunes de la rue au Canada), Section de la surveillance et de l'épidémiologie, Division des infections acquises dans la collectivité, Agence de santé publique du Canada.
1999 à 2003


Étude réalisée dans sept villes canadiennes entre 1999 et 2003 auprès de cinq mille jeunes.
Les analyses ont indiqué que les jeunes de la rue présentent des taux élevés d'ITSS (infections transmissibles par la sexualité et par le sang). L'étude de sous-groupes dans l'échantillon des jeunes de la rue, comme les utilisateurs de drogues par injection, a révélé une prévalence particulièrement inquiétante de certains agents infectieux, par exemple le virus de l'hépatite C. Elle a fait également ressortir, dans cette population, des comportements sexuels à risque élevé, comme l'utilisation peu fréquente du condom et un nombre élevé de partenaires sexuels de même que des taux de toxicomanie préoccupants.

Il était impossible d'élaborer des stratégies efficaces de prévention des ITSS à l'intention des jeunes de la rue si les données sur cette population étaient restreintes aux comportements sexuels à risques. Il fallait donc connaître la dynamique sociale - comme les raisons de quitter le domicile familial, les interactions avec les services sociaux, l'exposition à la violence et les comportements à risque des partenaires sexuels - pour comprendre comment la prévention des ITSS s'intègre à la vie des jeunes de la rue. Par conséquent, ce rapport est allé au-delà de la simple prévalence des effets nocifs sur la santé au sein de cette population; il a fourni des renseignements sur la prise de risques et sur le contexte social des comportements à risques. Enfin, le rapport a donné des comparaisons longitudinales des données recueillies dans tous les cycles de l'étude.

Les renseignements obtenus par le biais de la SAJR devraient aider à enrichir les programmes sociaux et les programmes de santé publique visant à améliorer le bien-être émotionnel, physique et psychologique des jeunes de la rue au Canada
Les jeunes de la rue au Canada - Constatations découlant de la surveillance accrue des jeunes de la rue au Canada, 1999-2003 mars 2006 (juin 2006http://www.phac-aspc.gc.ca/std-mts/reports_06/youth_f.html

Depuis 2002 l’Anonyme a participé activement à ces études dirigées par la Santé publique. Les résultats peuvent en être consultés à l’adresse suivante :
http://www.phac-aspc.gc.ca/sti-its-surv-epi/youth-jeunes_f.html

 


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