Petit historique … les années 1980 - 1990
Dans les années 1980, nous assistons à la résurgence des pratiques du travail de rue au Québec, qui se situe dans le sillage du désengagement de l'État annoncé à la fin des années 1970. Le travail de rue s'articule surtout en milieu communautaire et entretien avec les institutions socio-sanitaires, juridiques et politiques des rapports de pouvoir autour de divers enjeux. Son expertise est reconnue au niveau jeunesse. On cherche alors à répondre à la question suivante : "Que faire avec les jeunes en difficulté qui échappent au réseau de services?". Également, au milieu des années 1980, l'impact des transformations socio-économiques au Québec sert de toile de fond au nouvel intérêt porté au travail de rue. On assiste à la hausse des taux d'intérêts, à la crise du pétrole, à l'arrivée de la cocaïne, etc. et les réalités des jeunes finissent par ressembler étrangement à celles des adultes. Le sexe et les délits sont de plus en plus des sources de revenus et l'isolement augmente.
ATTRueQ, 1997
L'Anonyme est donc issu d'un contexte lié à la fin des années 1980 et au début des années 1990, période caractérisée par une priorité accordée aux problèmes sociaux tels que la violence faite aux jeunes, la déviance (délinquance, itinérance, suicide, etc.), aux problèmes de protection de la jeunesse et de santé tels que les MTS et le sida ainsi que par des idéologies témoignant d'un nouveau discours sur la prévention. Nous sommes donc tous témoins du désengagement de l'État et, à une période de désinstitutionalisation et de décentralisation nous assisterons ensuite à la mise en place du citoyen au centre du réseau comme usager.
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Réduction des méfaits : Sida et toxicomanies
La fin des années 1980 est une période où les problématiques de la toxicomanie et du sida se rencontrent. La réduction des méfaits naît de l'urgence d'agir contre cette conséquence à l'utilisation de drogues injectables qu'est le Sida, susceptible d'entraîner la mort et menaçant la population en général.
Brisson, 1995
À la même époque, est établie au Canada la stratégie nationale sur le Sida et l'on recommande «que l'infection au VIH soit considérée comme un méfait prioritaire à l'usage de psychotrope».
CPLT, 1998
Les pratiques en lien avec l'usage de drogues illicites seront l'accès à du matériel d'injection, les drogues de substitution et le travail de rue, afin d'entrer en relation avec des individus en rupture avec les institutions, qui ne sont pas rejoints par les services traditionnels et exclus des espaces publics.
ATTRueQ, 1992
En effet, dans les années 1990, le travail de rue est une pratique reconnue pour son adaptation rapide aux réalités et besoins changeants des marginaux et la Santé publique y voit un bon moyen de lutte contre le Sida, à une période où l'on assiste à une augmentation de la pauvreté et de l'exclusion, à une modification des drogues de rue (héroïne, cocaïne, extasy, pcp, crack, etc.) et à la façon de les consommer (augmentation des pratiques d'injection).

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Dans les années 1990, les groupes communautaires dont l'Anonyme, vivent plusieurs enjeux ayant un impact certain sur leur motivation tels que la précarité de leur financement, la transformation de leurs services et la bureaucratisation de leur gestion interne (René, Fournier et Gervais, 1997) dans un contexte où il y a un risque élevé de prise en charge individuelle des problèmes sociaux au détriment d'une action collective, d'un désir de justice sociale et de remise en question de la société face à ses choix à l'endroit des personnes exclues. L'Anonyme a vu le jour et continue aujourd'hui d'offrir ses services afin d'améliorer les conditions de vie des personnes en difficulté à une période relativement difficile pour les groupes communautaires en raison du resserrement des finances publiques.
Les années 2000
Depuis quelques années, l’Anonyme collabore avec de nombreux chercheurs pour favoriser la réflexion sur les jeunes marginalisés, leurs souffrances, leur sentiment d’exclusion par rapport à notre société, leur fuite dans différentes drogues, mais aussi sur les fondements du travail de rue, comme du travail de milieu et de proximité.
Notre action est basée sur une approche humaniste, ouverte, globale, sur l’écoute attentive, le respect de l’autre, des ses propres attentes, de son rythme personnel, de ses limites. Notre objectif est de donner à ces jeunes la chance de reprendre, quand ils se sentiront prêts, le pouvoir sur leur vie, de se réconcilier avec eux-mêmes, leurs proches, la société, la vie enfin. Car ces jeunes en difficulté, plus souvent blessés qu’autrement, sont et resteront au coeur de nos préoccupations.

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