Category Archives: Non classifié(e)

MAJ – 1er juin 2020 – Depuis le 13 mars, nous subissons tous les contrecoups de la pandémie de COVID-19 et des mesures de confinement qui l’accompagne. Pour faire face à cette nouvelle réalité et pour répondre aux besoins d’aide alimentaire qui ont augmenté, L’Anonyme n’a eu d’autres choix que de revoir son offre de services pour s’adapter à la crise.

« C’est certain que la fermeture temporaire de certains de nos services nous attriste, souligne Sylvie Boivin, directrice générale de L’Anonyme. Par contre, je suis fier de la polyvalence et de la créativité de notre équipe qui s’est mise rapidement au service de la communauté à travers de nouvelles initiatives. »

L’autobus se transforme en cantine mobile

Grâce à l’appui financier de la Ville de Montréal, nous transformons notre autobus en cantine mobile entre 15h30 et 22h pour venir compléter l’offre alimentaire des ressources en sécurité alimentaire déjà présentes sur le territoire de l’est de Montréal et soutenir l’organisme Dans la rue dans son travail. Pour en profiter, il suffit de venir nous voir aux arrêts suivants selon l’horaire indiqué plus haut.

N’hésitez pas à contacter notre équipe si vous avez des questions ou si vous nous cherchez (1 855-236-6700).

L’équipe de L’Anonyme offre aussi du soutien psychosocial et un service de référencement aux personnes qui se présentent au point de distribution alimentaire situé dans la cour de l’aréna Francis-Brouillon au parc Raymond-Préfontaine dans le secteur Hochelaga-Maisonneuve. Nous sommes présents de 8h à 16h tous les jours de la semaine.

Quelques arrêts de service temporaires

Puisque les jeunes que nous accueillons généralement dans l’autobus sont présentement confinés et qu’il s’agit d’un espace où il est difficile de maintenir une distanciation sociale, nous avons dû suspendre nos activités de sensibilisation, de soutien psychosocial et d’éducation à la sexualité qui s’y tenaient en soirée.

Malheureusement, nous avons aussi cessé toutes les activités du service d’injection supervisée mobile puisque nous ne pouvions pas assurer la santé et la sécurité des travailleurs et des usagers dans cet espace restreint. De plus, nos intervenants travaillent généralement de concert avec des infirmières du CIUSSS qui sont présentement réaffectées en raison du coronavirus. Nous espérons trouver une solution dans les plus brefs délais pour reprendre du service.

Finalement, nos ateliers d’éducation à la sexualité et de sécurité urbaine que nous organisions dans les milieux scolaires, communautaires et institutionnels sont aussi à l’arrêt en raison des mesures de confinement. Nous commençons à développer notre offre pour pouvoir donner ses contenus aux jeunes à distance.

Comment éviter la grossophobie avec la bienveillance sur les réseaux sociaux?

6 mai 2020 – Depuis le début de la pandémie, une quantité phénoménale de « blagues » imageant la prise de poids pendant le confinement se publient sur les réseaux sociaux. En cette Journée internationale sans diète, réfléchissons aux impacts que ce type d’images peut avoir, particulièrement dans le contexte actuel.

Associer le confinement à la prise de poids ou à l’obésité, c’est d’associer l’inactivité ou la paresse aux personnes obèses. Cette association, ancrée dans l’imaginaire collectif, est un préjugé qui conduit généralement à de la stigmatisation. Il provient des films, des publicités, des attitudes tolérées dans l’espace public et les médias. La personne grosse est souvent représentée comme une personne qui n’a aucun contrôle sur elle-même et son alimentation, assise sur son divan en se goinfrant de fast food. Alors que ça ne représente aucunement la réalité.

À l’inverse, la minceur n’est pas nécessairement synonyme de santé. Certain·es perdent du poids à la suite d’une dépression, d’une maladie, d’une séparation, d’un deuil ou encore d’un trouble alimentaire. Il serait donc préférable de ne jamais commenter les fluctuations de poids, car on n’en connait jamais vraiment la cause. Qui plus est, le fait de constamment glorifier la perte de poids sous-entend qu’une personne a de la valeur seulement si elle rapetisse son corps, ce qui perpétue la grossophobie. Il est également important de se rappeler qu’il est tout à fait normal que notre corps change au courant de la vie et que la santé ne s’interprète pas que par le poids, mais aussi par le bien-être mental et le plaisir. D’autre part, la santé d’une personne ne devrait pas être un critère pour mériter respect et dignité. Le fait de publier des « blagues » concernant la prise de poids sur les réseaux sociaux contribue au stigma et peut être très blessant pour notre entourage. Ce moment de crise mondiale est alors parfait pour entamer une réflexion sur notre propre grossophobie internalisée et pour se questionner à savoir d’où vient cette peur viscérale d’être gros·ses? Pourrions-nous être plus bienveillant·es envers l’apparence de notre corps et celle des autres?

À travers les ateliers sur le sexisme en ligne de notre projet « Se connecter à l’égalité », nous sensibilisons les jeunes à filtrer les informations partagées sur les réseaux sociaux, afin de diminuer les manifestations de discrimination. Un des outils pour y arriver est d’utiliser la technique des trois passoires : la vérité, la bonté et l’utilité. C’est-à-dire, est-ce que ce que je partage est vrai et fiable ? Est-ce que cela apporte quelque chose de positif ? Est-ce que c’est pertinent ? Ce sont toutes des questions importantes à se poser avant de publier quoi que ce soit sur les réseaux sociaux. À l’inverse, nous vous invitons également à filtrer le contenu qui ne vous apporte pas de positif ou qui encourage la discrimination ou la stigmatisation.

Voici quelques suggestions de contenu intéressant, afin de pousser la réflexion un peu plus loin :

Vidéo créée par Rad* sur la culture pop et la grossophobie.
– Le podcast et le blogue : www.dixoctobre.com
– Comptes Instagram :
@lespiedsdanslesplats
@mtlfatbabesquad
@loounie
@nutrition.positive

Dispute équitable ou violence entre partenaires ?

Avec le confinement, on entend beaucoup parler de situations à risque pour les victimes de violence conjugale. On a souvent une image très extrême de ce que pourrait être une situation de violence au sein d’une relation, ce qui a pour conséquence que plusieurs personnes ne savent pas qu’elles sont victimes ou à l’inverse, qu’elles perpétuent de la violence. Depuis trois ans, L’Anonyme offre les ateliers du projet « Satellite » aux jeunes de 12 et 25 ans, concernant les relations amoureuses égalitaires. C’est dans cet atelier qu’est expliquée la différence entre une chicane et une situation de violence dans une relation amoureuse.

En résumé, une chicane est une situation pendant laquelle les partenaires expriment leurs sentiments et leurs désaccords pour connaître leurs limites. Malgré le fait qu’il puisse y avoir des manifestations de colère, les partenaires sentent qu’ils/elles peuvent s’exprimer librement, sans craindre une réaction violente de la part de l’autre ou avoir peur pour leur intégrité physique et/ou psychologique. Ce sentiment de sécurité résulte du fait que la discussion est égalitaire, empreinte d’une communication efficace et non violente.

À l’inverse, une situation de violence est inégalitaire, puisqu’un·e des partenaires prend le pouvoir sur l’autre. Cette prise de pouvoir peut s’exprimer notamment sous la forme de manipulation, de contrôle, de mensonges, d’insultes et de propos dégradants ou toutes autres formes de violence physique, psychologique, verbale, économique, sexuelle et/ou spirituelle. Les victimes vivent souvent des émotions telles que la peur, la honte ou encore, la culpabilité et vont avoir l’impression de marcher sur des œufs, ainsi que de devoir surveiller constamment leurs faits et gestes.

Il est primordial de se rappeler que nous sommes actuellement dans un contexte unique et imposé, qui amène son lot de stress, d’anxiété et d’irritabilité. Il est donc possible que le nombre de disputes augmente.

Voici quelques conseils pour qu’une chicane soit et demeure égalitaire :

  • Rester calme. Essayer de parler calmement, peu importe à quel point on ressent de la colère.
  • Ne pas accuser. Dans une situation frustrante, c’est mieux d’expliquer comment on se sent que de blâmer ou d’accuser.
  • Régler le problème. Il n’y a pas d’intérêt à commencer une dispute à moins de savoir ce qu’on souhaite en retire Il est important de nommer ses besoins et à l’inverse être capable d’admettre ses torts et de s’excuser. Cela peut faire une grande différence, plutôt que d’essayer de « gagner » ou d’avoir le dernier mot.
  • Prendre du recul. Quand la tension augmente, il peut être une bonne idée de prendre une pause. Suggérer aux partenaires d’en reparler à un autre moment. Il est important de respecter ce besoin exprimé par l’un∙e des partenaires, un peu de temps peut aider à se calmer et à donner de l’espace pour y réfléchir.

En tant que témoins de violence, vous avez le pouvoir d’agir et si vous pensez être dans une situation de violence, plusieurs ressources existent pour vous aider :

Tel-Jeunes : 1 (800) 263-2266   –  Site Web

SOS Violence conjugale : 1 (800) 363-9010   –  Site Web

Pro-GAM : (514) 270-8462   – Site web

Sécurité des collectivités/transport actif

En cette période d’isolement social, le gouvernement nous demande de limiter nos déplacements, tout en nous encourageant à sortir prendre l’air pour préserver notre santé physique et mentale. Évidemment, si vous êtes en isolement parce que vous êtes atteint∙es de la Covid-19 ou que vous présentez des symptômes, vous ne devez pas quitter votre domicile. Les personnes de plus de 70 ans peuvent aussi sortir prendre une marche, bien qu’on leur demande d’éviter d’aller dans les épiceries et les pharmacies.  Lors de vos sorties à l’extérieur, vous devez garder une distance de deux mètres avec les personnes que vous croisez. Les membres d’un même ménage peuvent toutefois rester les uns près des autres puisqu’ils se côtoient au quotidien. Il est donc normal que vous croisiez des familles rassemblées à l’extérieur – et il en existe de plus de 4 personnes! − n’appeler pas le 911 pour les dénoncer dans ce cas! Cependant, si vous êtes témoin d’un rassemblement suspect qui mettrait à risque la santé publique, vous pouvez faire un signalement en ligne au SPVM. Soyez bienveillant∙es avec les autres en cette période de crise, l’entraide permettra à tous et toutes de mieux surmonter cette période difficile! On le répète, on pratique la distanciation physique, ce qui ne nous empêche pas de nous sourire ou de nous saluer et au retour à la maison on se lave les mains!

Le vélo un moyen de transport à exploiter en temps de pandémie!

Le gouvernement du Québec a annoncé l’ajout des ateliers de réparation de vélos aux services essentiels maintenus. Faire du vélo peut être une façon de surmonter la crise actuelle en ayant un impact sur notre bien-être psychologique, en plus d’améliorer notre santé physique et de contribuer à la santé environnementale. Les règles sont les mêmes lorsqu’on se déplace à vélo, on doit garder nos distances avec les autres ; un minimum de 2 mètres, certaines études recommandent jusqu’à 5 mètres. Privilégier le vélo au lieu des transports en commun, nous permet d’éviter les contacts avec les surfaces réduisant ainsi les risques de contamination. C’est aussi une bonne activité à faire en famille. Donc, si vous vous ennuyez ou si vous devez vous déplacer en cette période de crise sanitaire, pensez au vélo!

Boutiques ouvertes dans l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve: Vélo Espresso, Atelier Tak, Boutique Vélomane, Marseille Bicycle, Cycle Lafontaine.

Articles à consulter

La déficience intellectuelle

La déficience intellectuelle est le trouble de développement le plus répandu, touchant 1 % à 3 % de la population générale (Société québécoise de la déficience intellectuelle, 2018). Dans le cadre de la semaine québécoise de la déficience intellectuelle (« DI »), ayant lieu du 15 au 21 mars 2020, L’Anonyme souhaite sensibiliser la population sur l’importance de l’éducation à la sexualité auprès de ces individus.

Les données sont préoccupantes :

  • Les enfants présentant une DI sont de 4 à 6 fois plus à risque d’être victimes d’agression sexuelle que ceux et celles n’ayant pas cette condition (Dion et al., 2012 ; Jones et al., 2012 ; Spencer et al., 2005 ; Sullivan et Knutson, 2000 ; Wissink et al., 2015).
  • À 18 ans, 40 à 70 % des femmes ayant une DI auraient déjà été victimes d’une agression sexuelle (Centre national d’information sur la violence dans la famille, 2009).
  • Une nette augmentation des situations d’exploitation sexuelle à l’égard des adolescent∙es présentant une déficience intellectuelle est observée (Ministère de la Sécurité publique, 2014).

En effet, plusieurs caractéristiques des personnes vivantes avec une DI exacerbent leur vulnérabilité à subir des violences. Elles présentent notamment des difficultés communicationnelles, de hauts niveaux de dépendance aux autres, une faible compréhension des relations interpersonnelles intimes, une capacité cognitive limitée face au jugement et à la compréhension d’une situation, en plus d’une volonté de se conformer aux désirs des autres. (Wilson et al., 2011 ; Dionne et Dupras, 2014 ; Beadle-Brown, Mansell, Cambridge, Milne, et Whelton 2010 ; Isler et al., 2009).

Étant soucieux d’offrir une éducation à la sexualité inclusive et de qualité, L’Anonyme a développé de nouvelles initiatives pour répondre aux besoins spécifiques des jeunes présentant une DI. Par la mise en œuvre de ces projets dans les écoles et les organismes communautaires, il est souhaité de favoriser leur autonomie à reconnaître et à agir face à une situation d’abus, de violence ou d’exploitation sexuelle. Avec des outils et des activités adaptées à leurs capacités, il leur est possible d’acquérir des connaissances et des habiletés afin de leur permettre d’être mieux protégé∙es face aux différentes violences.

Et les résultats obtenus suite aux ateliers sont plus que positifs ! En effet, les participant∙es rencontré∙es lors des ateliers sont toujours très intéressé∙es par les thèmes abordés, évaluant que les activités réalisées suscitent leur réflexion et que cela leur permet d’apprendre. Les professionnel∙les, quant à eux, se disent plus à l’aise d’aborder la sexualité, que ce soit afin de discuter de comportements égalitaires, de violences ou de stratégies à adopter. Elles et ils remarquent aussi que les ateliers ont des impacts positifs sur les capacités des participant∙es à reconnaître et à adopter des stratégies afin de se protéger des violences.

À travers les ateliers, les participant∙es ont l’opportunité d’aborder la sexualité de manière positive et décomplexée, afin de comprendre qu’il s’agit d’un sujet aussi important et légitime que toutes les autres matières enseignées à l’école. Tout ceci, dans l’objectif d’ouvrir une discussion où toutes les questions sont permises et où la dénonciation est encouragée.